Jamais trop tôt ou trop tard pour la négo

Il est temps d’en venir à une solution négociée qu’il aurait fallu adopter dès le début.

La neutralité de l’Ukraine aurait dû être admise dès le départ, de même que les Accords de Minsk. Les Américains n’auraient pas dû s’engager à inclure l’Ukraine dans l’OTAN, n’auraient pas dû s’engager dans le coup d’État de 2014, puis favoriser l’escalade, provoquer la confrontation militaire, former l’armée ukrainienne, s’acoquiner avec les néo-nazis, transférer de l’équipement militaire, refuser la négociation, et favoriser la reprise du Donbass et même de la Crimée (alors que cette dernière n’avait été détachée de la Russie seulement depuis 23 ans (1991-2014). (Même si elle avait été cédée en 1954, elle faisait toujours partie de l’URSS)

Après l’invasion, les Américains n’auraient pas dû intervenir pour interrompre les négociations. Maintenant il est trop tard pour préserver l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Les Américains ont voulu se servir de l’Ukraine pour affaiblir la Russie. Ils sont même allés jusqu’à bombarder les pipelines Nordstream I et II. Quelle honte! L’Ukraine va sortir grande perdante de cette confrontation, de même que l’Europe, confrontée à la récession, à l’inflation et à la désintégration économique. Tout cela va se retourner tôt ou tard contre les États-Unis.

Il est effrayant de constater l’histoire imaginaire que les chroniqueurs et journalistes occidentaux ont concocté de toute pièce. Une Russie perdante, une armée incompétente, l’Ukraine qui reprend les territoires, sans tenir compte des dizaines de milliers de soldats ukrainiens morts. Cette narration est basée sur des faits alternatifs. On suppose que la Russie a cherché à conquérir l’Ukraine, qu’elle a échoué et qu’elle perd maintenant contre l’Ukraine. On omet non seulement les multiples provocations américaines à l’origine du conflit, mais aussi le fait que l’invasion initiale était un moyen d’obtenir vite une négociation, que les Russes étaient jusqu’à présent deux fois moins nombreux que les Ukrainiens sur le territoire et qu’ils se sont efforcés jusqu’à présent, malgré les médias mensonges occidentaux, de ne pas affecter les infrastructures civiles. Avec le bombardement du pont de Crimée, les Ukrainiens poursuivent l’escalade avec l’appui des États-Unis. Les Russes vont commencer à mettre le pied sur l’accélérateur.

Les politologues maison comme Dominique Arel et Justin Massie peuvent s’encourager mutuellement et maintenir leur discours illusoire. Ils peuvent d’autant plus le faire qu’ils sont appuyés par des chroniqueurs politiques partisans farouches et idéologues convaincus qui prennent leurs états irrationnels pour de la lucidité alors qu’ils sont en réalité aveuglés par une haine russophobe, qui est le produit depuis plusieurs décennies d’esprits formatés par les Neo Cons néolibéraux des États-Unis qui rêvent encore d’un monde unipolaire et d’une hégémonie américaine planétaire.

Après avoir foutu le bordel au Moyen-Orient, les USA cherchent maintenant à dominer la Russie en se servant de l’Ukraine, tout comme ils se servent de Taiwan pour dominer la Chine. Ils sont les vrais fauteurs de trouble. Ils nourrissent des ambitions complètement folles et démesurées alimentées par l’islamophobie, la russophobie et la sinophobie. De voir les journalistes tomber dans le panneau et se soumettre à cette vision manichéenne cherchant à provoquer un choc des civilisations est désolant. C’est aussi déplorable et attristant de constater l’ignorance géopolitique crasse dans laquelle ils sont plongés.