Je n’ai pas tout lu ce que Patrick Provost a écrit ou dit concernant l’efficacité des vaccins Pfizer et Moderna. Mais à partir de l’article publié dans le Journal de Montréal et qui a par la suite été retiré, il me semble assez clair que M. Provost n’affirme pas que les vaccins sont dangereux pour tout le monde. Il souligne tout d’abord seulement que ceux-ci ne seraient pas passés par l’ensemble des procédures prévues par les protocoles. Il se demande si le nombre de victimes âgées n’inclut pas celles qui sont en fait mortes à cause d’autres maladies. Il soutient que les inconvénients sont plus grands que les avantages pour les enfants. Il souligne qu’une personne vaccinée peut être porteuse du virus et peut aussi le transmettre.
Contrairement à ce qu’Isabelle Hachey laisse entendre (« L’art de créer un martyr », La Presse, 28 juin 2022, sa « mise en garde » contre les vaccins ne dit donc pas qu’ils sont dangereux pour tout le monde.
« Pour que les chercheurs puissent faire leur travail, ils doivent pouvoir soulever des questions et des hypothèses en toute liberté sans crainte de représailles. Même si leurs idées sont farfelues à première vue et qu’elles s’avèrent en bout de ligne complètement fausses », rappelle le journaliste scientifique Jean-François Cliche, qui a dévoilé cette affaire dans Le Soleil, dimanche. » En effet !
« Le président du syndicat des profs, Louis-Philippe Lampron, prof à la faculté de droit et expert en droits et libertés de la personne, craint une dérive : celle de « sanctionner les collègues qui ne respectent pas l’opinion majoritaire dans leur champ de discipline ». » En effet !
« « C’est scandaleux ! Les professeurs ne sont pas les employés de la rectrice, ni des RH. » – Yves Gingras, directeur scientifique de l’Observatoire des sciences et technologies à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) » En effet !
« « les idées minoritaires peuvent contenir une part de vérité qui n’est pas considérée par la pensée dominante et que d’en débattre peut mettre en lumière des éléments véridiques et justes ». Ça aussi, c’est tiré de l’énoncé sur la liberté d’expression à l’Université Laval. » En effet !
Les propos de Patrick Provost ne sont pas ceux d’un charlatan ou d’un conspirationniste. Ce sont les propos d’un scientifique spécialiste de l’ARN. On peut se poser la question de savoir si les charlatans ou les conspirationnistes doivent être censurés (je ne le pense pas), mais chose certaine, ceux d’un scientifique comme Patrick Provost ne doivent pas l’être. Les personnes qui l’ont suspendu à l’Université Laval et celes qui sont responsables d’avoir retiré son article dans le Journal de Montréal doivent être blâmées. Elles n’ont pas exercé correctement leur jugement.
Le problème est peut-être que l’on n’a pas assez de journalistes scientifiques: pour transmettre le savoir scientifique mais aussi pour comprendre et respecter le fonctionnement de la science.