Le Canada va-t-il enfin reconnaître l’État palestinien?
Pendant des années, le Canada a prétendu reconnaître la solution à deux États, mais à la condition que les deux parties parviennent à s’entendre par des négociations. La reconnaissance d’un État palestinien n’allait survenir qu’au terme de ces négociations. C’était la mentalité d’Oslo. Puisqu’Israël n’avait pas l’intention de reconnaître un État palestinien et qu’il était en position de force, il lui suffisait de provoquer des situations intolérables pour le peuple palestinien. À la moindre roquette lancée pour protester contre l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza et l’apartheid, Israël s’employait à «raser le gazon» (mowing the lawn) à Gaza au nom du «droit de se défendre» face au «terrorisme».
Voilà maintenant. que le Canada change d’idées. Il admet que cette reconnaissance conditionnelle d’un État palestinien ne marche pas. Ah bon!? Admet-il maintenant enfin que la reconnaissance doit venir en amont comme moyen de pression et qu’elle ne doit pas être conditionnelle ?
Pas du tout. Carney s’est trouvé de nouvelles idées pour reporter la reconnaissance d’un État palestinien aux calendes grecques. Pour que cette reconnaissance soit effective, l’autorité palestinienne doit se réformer, des élections doivent avoir lieu en 2026 et le Hamas doit en être exclu. De plus, le Hamas doit se désarmer et rendre les otages. Bref, aussi bien dire que les sbires de cabinet à Ottawa ont trouvé de nouvelles concoctions maléfiques que le peuple palestinien devra ingurgiter pour que le Canada accepte de lever le petit doigt.
Cette solution à deux États ne créera pas de remous chez l’Oncle Sam. Le Canada de Carney accepte sa vassalisation à un Occident dominé par une anglosphère au centre de laquelle se trouvent les États-Unis d’Amérique. Il continue d’appartenir à la minorité des États de par le monde qui considèrent le Hamas comme un groupe terroriste. Il consent ainsi à violer l’esprit de l’article 51 de la charte des Nations unies, les résolutions adoptées par l’assemblée générale de l’ONU et le droit international humanitaire qui admet le droit de résister, ce qui implique le droit de recourir à la violence pour déloger une puissance occupante.
À moins d’un revirement inattendu, le Canada restera ainsi campé sur ses positions traditionnelles et ne se joindra pas aux 145 pays qui, de par le monde, reconnaissent l’existence d’un État palestinien.