The Uncertain nation

We certainly lost Leonard Cohen in 2016 (I’ve listened to his first ten albums 100 times). But recently, it seems like the departures are accelerating. After Karl Tremblay and Jean-Pierre Ferland, it’s VLB who has just eased off. So it was with some nervousness that I watched Boucar Diouf’s somewhat reassuring documentary with Gilles Vigneault. But now it’s Serge Fiori’s turn to disappear.
I’ve gradually lost enthusiasm for the national holiday. It started with the failed attempt to have the charter of values ​​adopted, then with Bill 21 and the disappearance of the ECR course. This has intensified with the opening of a Quebec office in Tel Aviv, the CDPQ’s $27.4 billion investment in companies linked to the genocidal state, and the presence on Quebec soil of General Dynamics, which sells it military equipment.
I tried to watch the shows on the 23rd and 24th out of the corner of my eye: excerpts from the dress rehearsal in Quebec City and, almost entirely, the one at Maisonneuve Park in Montreal. I despise this elitist propensity to denigrate what we are, but we’re going around in circles with this incessant stream of songs. And besides, how can we feel happy when a genocide is currently underway in Gaza?
Despite all my good intentions, the sadness caused by the overwhelming feeling of our smallness has taken over. My pride is at a historic low. I particularly detest these interventions that address Quebec in a familiar way. And to be honest, I’m worried about seeing our depth lost for good in the waving of tiny little flags.

Le pays incertain

On a certes perdu Leonard Cohen en 2016 (j’ai écouté 100 fois ses dix premiers disques). Mais depuis peu, on dirait que les départs s’accélèrent. Après Karl Tremblay et Jean-Pierre Ferland, c’est VLB qui vient tout juste de lever le pied. C’est donc avec une certaine nervosité que j’ai regardé le documentaire quelque peu rassurant de Boucar Diouf avec Gilles Vigneault. Mais voici maintenant que c’est au tour de Serge Fiori de disparaître.

J’ai progressivement perdu l’enthousiasme autour de la fête nationale. Ça a commencé par la tentative avortée de faire adopter la charte des valeurs, puis avec la loi 21 et la disparition du cours ECR. Ça s’est accentué avec l’ouverture d’un bureau du Québec à Tel Aviv, les 27,4 milliards de dollars de la CDPQ investis dans les entreprises liées à l’État génocidaire et la présence en sol québécois de General Dynamics qui lui vend de l’équipement militaire.

J’ai tenté de regarder du coin de l’oeil les spectacles du 23 et du 24: les extraits de la générale à Québec et, presque en entier, celui du parc Maisonneuve à Montréal. Je méprise cette propension élitiste qui consiste à dénigrer ce que nous sommes, mais on tourne en rond avec ces défilements incessants de chansons. Et puis, comment avoir le coeur à la fête alors qu’un génocide est présentement en cours à Gaza?

Malgré toute ma bonne volonté, la tristesse causée par le sentiment irrépressible de notre petitesse a pris le dessus. Ma fierté est dans un creux de vague historique. Je déteste tout particulièrement ces interventions qui tutoient le Québec. Et pour tout dire, je suis inquiet de voir notre profondeur se perdre pour de bon dans l’agitation de tout petits drapeaux.