L’Iran se trouve maintenant face à Israël en 2024 exactement dans la même position que la Russie face aux États-Unis en 2021. Les provocations se multiplient pour rendre tôt ou tard inévitable une intervention iranienne qui justifiera ensuite la riposte, l’escalade étant très exactement ce qu’Israël cherche à obtenir face à l’Iran.
Les États-Unis ne veulent pas une confrontation directe avec l’Iran, mais ils sont très contents de fournir des milliards à Israël pour leur permettre de le faire à leur place.
L’histoire se répète car c’est aussi ce que les États-Unis ont cherché à faire face à la Russie à partir de 2019 en suivant la feuille de route toute tracée d’avance par la Rand Corporation dans «Extending Russia».
Ils ne voulaient pas une confrontation directe avec la Russie, mais ils étaient ravis d’avoir pu placer en charge de l’Ukraine des néo-nazis pour le faire à leur place. (xhttps://www.pressenza.com/fr/2023/10/le-probleme-du-nazisme-en-ukraine/ )
La solution pour les Russes a été de s’engager militairement, mais sous la forme d’une opération militaire spéciale qu’ils voulaient de courte durée, avec des objectifs précis de dénazification et de démilitarisation, dans l’espoir de parvenir le plus rapidement possible à une entente négociée. C’est cette entente, rapidement conclue en avril 2022, qui a rapidement été mise de côté et abandonnée par les protagonistes américains et britanniques, promoteurs de l’escalade.
Le comportement des Américains face au Moyen-Orient procède d’un même mensonge. On se dit favorable au cessez-le-feu, mais on cherche en même temps à jeter de l’huile sur le feu en subventionnant Israël pour qu’il poursuive son génocide, tout comme on a financé l’Ukraine pour qu’elle affaiblisse la Russie.
Cette version des faits n’est pas ce qui est rapporté dans les médias mainstream, car elle passerait pour de la propagande russe. L’unanimisme à ce propos est caricatural et montre à quel point nous sommes sous l’emprise de la russophobie, une fondée sur une propagande américaine.
Et pourtant, la similitude entre les deux situations est criante. Dans les deux cas, les États-Unis se servent de proxys. Quand ce n’est pas l’Ukraine, c’est Israël. Dans les deux cas, les Américains cherchent à isoler ou détruire un concurrent au pétrole saoudien qui se vend en pétrodollars. Or, les Russes et les Iraniens au sein du BRICS+ sont de plus en plus tentés de vendre leur pétrole et leur gaz dans leurs monnaies nationales respectives, ou dans la monnaie de l’acheteur les saoudiens ont récemment vendu leur pétrole à l’intention de la Chine en se faisant payer en yuan.
Pour préserver le dollar comme devise de réserve mondiale, les Américains doivent neutraliser ou combattre les concurrents récalcitrants qui cherchent à leur tenir tête.