Dans mon livre, je justifie l’existence d’un État israélien pour réparer l’holocauste et non sur la base d’un argument sioniste, et c’est par réalisme et pragmatisme que je justifie l’existence de cet État sur le territoire de la Palestine, et non sur la base d’un argument sioniste. Mais il faut reconnaître que l’État d’Israël a été créé avec comme péché originel la Nakba, et que cela requiert réparation.
Les «offres» faites à chaque étape pour favoriser la création d’un État palestinien ont toutes été en-deçà du seuil acceptable, car il aurait fallu respecter les frontières de 1967, admettre Jérusalem Est comme capitale de cet État, permettre l’accès au Mont du Temple et à la mosquée Al-Aqsa, de même qu’autoriser le retour des réfugiés selon des modalités qui restaient à déterminer.
Au lieu de cela, Israël a accentué la colonisation, maintenu l’occupation et imposé un blocus à Gaza.
Et voici maintenant qu’avec l’appui des États-Unis, il commet un génocide à Gaza et est engagé dans une démarche génocidaire en Cisjordanie, tandis que la Knesset vient de voter son opposition à la création d’un État palestinien.
Il y a deux traumatismes: l’Holocauste et la Nakba. En vertu du droit international, cela requiert la création d’un État palestinien, en plus d’un État israélien. Mais les États-Unis et Israël choisissent de violer le droit international. Cela se passe sous nos yeux!
Dans mon livre, je termine la section portant sur Israël et la Palestine en m’interrogeant sur la légitimité de l’État d’Israël. À la lumière des plus récents évènements, ce questionnement s’accentue, car nous sommes en présence de la volonté fanatique et irrationnelle de créer le Grand Israël. Il n’y a pratiquement plus de place pour une solution raisonnable qui tiendrait compte des deux traumatismes. À moins d’un dénouement improbable, force est de constater que l’État d’Israël est en train de perdre toute légitimité.