Journalismes officiels et alternatifs

Nous entendons souvent dire que les médias officiels nous livrent une information objective alors que l’on trouverait dans les médias sociaux alternatifs toutes sortes de choses, mais en bonne partie de la désinformation, des théories complotistes et des propos haineux.

C’est fort juste, mais il y a un envers de la médaille. Il arrive que les médias officiels, bien que très souvent critiques à l’égard des gouvernements concernant des sujets de politique interne, ne s’éloignent pas trop de ceux-ci lorsqu’il est question de politique internationale. Il y a beaucoup de journalisme d’enquête, mais pas en matière de géopolitique. Dans le conflit Russie-Ukraine, par exemple, je ne connais pas beaucoup de journalistes actifs d’ici (reporter, éditorialiste, chroniqueur) venant des médias officiels qui ait fait entendre un son de cloche très différent du discours officiel parlant d’une agression non provoquée. Je n’ai jamais entendu dire qu’il pouvait s’agir d’une guerre par procuration menée par les États-Unis contre la Russie, voire d’une guerre rendue inévitable et souhaitée par les États-Unis. C’est pourtant le point de vue de plusieurs intellectuels ou journalistes alternatifs.

Dans le contexte actuel, qui est celui d’un génocide présentement en cours à Gaza, une retenue semble aussi devoir s’appliquer au sein de notre presse, à l’image de celle des leaders occidentaux. La rigueur journalistique semble cette fois-ci requérir la neutralité prenant la forme d’une obligation de faire entendre différents sons de cloche. On est particulièrement sensible au vandalisme, aux propos haineux et aux actes violents qui peuvent venir de tout côté, y compris à l’encontre de la communauté juive. Ce sont très certainement des gestes condamnables. Mais au total, la retenue, la neutralité, la dissonance des sons de cloche, la dénonciation des actes de vandalisme et le silence distant des autorités politiques produisent un effet d’ensemble qui fait parfaitement l’affaire de Netanyahu. Il peut poursuivre son génocide en toute impunité.

Dans ce contexte, il peut paraître utile de s’informer auprès de médias alternatifs de très haut calibre. Cela existe. On peut suivre les informations venant des sources suivantes:

John Mearsheimer Université de Chicago sur la plateforme Substack.

Seymour Hersh grand journaliste américain sur Substack.

Glenn Greenwald journaliste qui a rendu publiques les découvertes d’Edward Snowden concernant la NSA wt son émission System update sur la plateforme Rumble.

Brianhna Joy Gray à son émission Bad Faith et à l’émission Rising sur The Hill.

Chris Hedges intellectuel journaliste qui a une longue expérience de terrain et qui a travaillé pour le NYT et qui est maintenant sur Substack.

Martin Lukacks sur le site The Breach.

Rania Khalek sur Breakthrough News.

Richard Medhurst journaliste sur Rumble.

Robin Philpot et son émission Le pied à Papineau.

Alexander Mercouris et Alex Christofarou, animateurs de l’émission The Duran sur plusieurs plateformes, dont Rokfin.

Caitlin Johnstone qui écrit souvent sur la plateforme Consortium News.

Brian Berletic ancien soldat américain qui anime l’émission The New Atlas.

Aaron Maté et Max Blumenthal à l’émission The Grayzone.

Michel Collon qui anime le site Investig’action.

Richard Wolf et Brian Becker sur le site Democracy at Work.

On peut aussi avoir accès à plusieurs infos en suivant notamment les sites Consortium News ou Moon of Alabama.

On peut aussi être à l’affût des interventions provenant des personnes suivantes:

Ray McMovern, ancien employé de la CIA.

Le journaliste Dimitri Lascaris.

Le journaliste John Pilger.

Le politologue Mark Sleboda.

L’intellectuel Carl Zha.

Le politicien George Galloway.

la politicienne Clare Daly.

Michael Carley prof d’histoire à l’Université de Montréal.

L’ancien diplomate britannique Craig Murray.

Jacques Baud, ancien membre du renseignement stratégique suisse.

Le politologue Benjamin Abelow.

L’intellectuelle Medea Benjamin.

L’activiste Yves Engler.

L’intellectuelle Caroline Galacteros.

Ivan Katchanovski, enseignant à l’Université d’Ottawa.

L’intellectuel Vijay Prashad.

Le cinéaste Oliver Stone.

La politicienne Sahra Wagenknecht.

Le journaliste Matt Taibbi.

Andrew Bacevich, professeur de relations internationales à l’Université de Boston.

Noam Chomsky, prof retraité du MIT.

Scott Ritter retraité de l’armée américaine qui a oeuvré en faveur de la réduction des armes nucléaires.

Douglas McGregor ancien colonel de l’Armée américaine.

Jeffrey Sachs célèbre économiste de l’université Columbia qui a joué un rôle majeur dans la transition de l’économie polonaise.

Emmanuel Todd interviewé notamment sur le site Elucid.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, les interventions de Abby Martin, Norman Finkelstein et Katie Halper ainsi que celles d’Edwy Plenel sur Mediapart et les infos provenant de The Electronic Intifada, de Novara Media et de Democracy Now sont particulièrement utiles.

On ne trouve pas sur l’ensemble de ces plateformes, sites et interventions alternatives des propos haineux, des théories conspirationnistes ou de la désinformation. Et pourtant, les informations qui peuvent y être recueillies nous amènent très souvent à voir les choses en opposition totale avec les discours officiels des dirigeants politiques, voire même à contredire les infos provenant des médias officiels.