Rioux à Gaza

Christian Rioux se surpasse sans cesse. Dans sa chronique du Devoir du 10 novembre (« Les mots du Hamas »), il nie l’existence de la «colonisation», de l’«occupation», de «l’apartheid» et du «génocide». Ce serait des mots issus de la propagande du Hamas. Il est prêt à faire cavalier seul, envers et contre tous, même si c’est pour être un cavalier de l’apocalypse.

Pas de colonisation? C’est qu’il n’y a pas de métropole, voyez-vous. Il se fait de la colonisation quelque chose qui ne peut avoir lieu qu’à distance. Et pourtant, nous savons très bien que le Canada peut avoir un rapport colonial à l’égard des peuples autochtones se trouvant sur son territoire. Et la présence de 500 000 colons en Cisjordanie n’est pas une invention du Saint-Esprit.

Pas d’occupation? Les résolutions de l’ONU font de la Cisjordanie et de Gaza des territoires occupés. Il n’y a plus de colons à Gaza, mais la bande de Gaza est depuis 16 ans une prison à ciel ouvert, transformée en camp de concentration et maintenant en camp d’extermination.

Pas d’apartheid? L’ancien président des États-Unis Jimmy Carter l’a admis il y a longtemps déjà (Peace not Apartheid, Simon & Schuster, 2007). Les ONGs Human rights watch, Amnistie international et B’tselem décrivent Israël comme un régime d’apartheid.

Pas de génocide? Voici un extrait de notre texte « Israël à Gaza: une entreprise génocidaire? » paru dans Pressenza, le 7 novembre. (co-écrit avec Samir Saul)

« Dans le Guardian, le journaliste Chris McGreal estime que le langage utilisé pour décrire les Palestiniens a un caractère génocidaire. Le journaliste Raz Segal considère même qu’il s’agit d’un cas d’école de génocide. L’envoyée spéciale de l’ONU, Riyad Mansour, a accusé Israël de mener une campagne génocidaire contre Gaza. Plusieurs experts mandatés par l’ONU pensent qu’Israël court le risque de se faire accuser de génocide.

Un haut responsable du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, Craig Mokhiber, a démissionné en protestant contre “l’échec” des Nations unies à empêcher ce qu’il a qualifié de “génocide” des civils palestiniens. »

Pendant que Rioux s’inquiète des «mots du Hamas», d’autres s’inquiètent des morts à Gaza.