Voici un sondage produit par Vox Ukraine mené auprès de la population de l’Ukraine, à l’exclusion des personnes vivant en Crimée, de celles vivant dans le Donbass et de celles qui se sont déplacées en Russie depuis le début de la guerre.
43 % des personnes interrogées en Ukraine ne sont pas d’accord avec l’affirmation « L’idéologie nazie et/ou néo-nazie n’est pas répandue en Ukraine » ;
29 % des personnes interrogées en Ukraine n’étaient pas d’accord avec l’affirmation « La révolution de la dignité en Ukraine en 2013-2014 n’était PAS un coup d’État » ;
26 % des personnes interrogées en Ukraine sont d’accord avec l’affirmation « La Russie lutte contre l’Occident/l’OTAN en Ukraine » ;
25 % des personnes interrogées en Ukraine sont d’accord avec l’affirmation « L’Occident utilise l’Ukraine à ses propres fins dans la guerre contre la Russie » ;
32 % des personnes interrogées à l’étranger sont d’accord avec l’affirmation « Les russophones sont opprimés en Ukraine ».
On peut imaginer les résultats auxquels on parviendrait si les personnes exclues avaient été incluses dans le sondage. Chose certaine, vous ne verrez pas ces résultats rapportés dans les médias occidentaux établis.
On aurait tort de comparer le néo-nazisme ukrainien à les néo-nazis russes. Tout d’abord, il y a des néo-nazis russes qui ont mené des raids en Russie et qui s’opposent à la Russie. Il y a aussi sans doute des individus néo-nazis au sein du groupe Wagner, mais la présence du néo-nazisme en Ukraine est systémique (structurelle) et ne se mesure pas seulement à l’échelle individuelle. Il existe un parti politique (Svoboda), fondé par Oleh Tyahnybok, un personnage antisémite selon la Fondation Simon Wiesenthal. Des néo-nazis ont joué un rôle central au sein du coup d’État de 2014 sous le commandement d’Andriy Parubiy et du groupe Secteur droit dirigé par Dimitri Yarosh, les deux étant associés au parti Svoboda. On doit ensuite noté la présence au sein du gouvernement ukrainien de membres du parti Svoboda (incluant Andriy Parubiy) et du parti Corps national dirigé par Andriy Biletsky, qui deviendra plus tard commandant au sein du bataillon Azov. Cela donnera lieu à des politiques conduisant à l’interdiction de la langue russe et à l’élimination des pensions de vieillesse aux personnes vivant dans le Donbass (une situation que les accords de Minsk visaient à corriger). Le Bataillon Azov porte des symboles nazis et souscrit à cette idéologie. Ce bataillon Azov sera inclu dans l’armée ukrainienne. On célèbre comme un héros en Ukraine Stepan Bandera, collaborateur nazi responsable de la mort de milliers de juifs polonais. L’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne refusera d’ailleurs dans une entrevue de condamner Bandera. Zelensky se présentera en compagnie d’un représentant d’Azov devant le parlement grec. Il accueillera les prisonniers d’Azov libérés, etc. Ces faits et plusieurs autres illustrent la présence structurelle du néo-nazisme dans le coup d’État, au sein de l’État ukrainien et au sein de l’armée ukrainienne.
La plupart des citoyens ukrainiens ne sont pas des néo-nazis, car ils ont voté à 73% en 2019 en faveur d’un programme pour la PAIX défendu par Zelensky. Et il y a des néo-nazis partout, y compris au sein du groupe Wagner, mais il ne faut pas confondre cela avec le néo-nazisme systémique présent en Ukraine.