Taiwan et la Chine

Il n’y a jamais eu de référendum positif sur l’indépendance de Taïwan. Taïwan ne s’est jamais formellement déclarée comme un pays souverain. Le mouvement d’indépendance n’a commencé à émerger qu’à la fin des années 1970. Il s’agit donc d’un phénomène relativement récent. Le parti pro-indépendance vient de perdre les élections locales. Taïwan ne fait pas partie des Nations unies. Le représentant de la Chine à l’ONU est le gouvernement de Pékin.

La constitution de 1947 de Taïwan est toujours en vigueur et décrit une Chine unifiée contrôlée par Taïwan. Ainsi, même les Taïwanais ne se décrivent pas comme un pays indépendant de la Chine, pas même dans leur constitution. L’opposition entre Taïwan et la Chine depuis 1947 n’est pas une opposition entre deux peuples, mais plutôt entre deux mouvements idéologiques au sein d’un même peuple.

Un certain nombre de nations dans le monde (la plupart très petites) reconnaissent une Chine unifiée gouvernée par Taïwan. Il s’agit du Guatemala, du Belize, du Honduras, du Paraguay, d’Haïti, de Saint-Kitts-et-Nevis, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, des Îles Marshall, de Nauru, de Palau et de Tuvalu. Ces pays ne reconnaissent donc pas l’indépendance de Taïwan par rapport au reste de la Chine. Parmi eux, l’un des plus importants est le Honduras, mais ce pays vient tout juste de modifier sa position et reconnaît désormais que le gouvernement de la Chine unifiée se trouve à Pékin.

La politique officielle des États-Unis est qu’il n’y a qu’une seule Chine et que son gouvernement se trouve à Pékin. Les Américains ne reconnaissent pas non plus l’existence de Taïwan en tant qu’État indépendant. Il est vrai que les États-Unis ne font que « prendre acte » du fait que Pékin considère Taïwan comme faisant partie de la Chine. Et bien qu’officiellement le gouvernement américain ne soutienne pas l’indépendance de Taïwan, il fait en même temps tout ce qu’il peut pour que Taïwan devienne un pays indépendant. Ce n’est cependant pas parce qu’ils soutiennent le principe de l’autodétermination des peuples, car c’est un principe que les États-Unis violent constamment. Ce n’est pas non plus en raison de valeurs telles que la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme. C’est parce qu’ils savent que la Chine ne le tolérerait pas et qu’elle interviendrait alors militairement. (Pour la Chine, un contrôle efficace de Taïwan est un moyen de réparer un siècle d’humiliation) Une intervention militaire de la Chine à Taïwan pourrait servir de prétexte à une intervention américaine et justifierait une guerre contre la Chine qui, espèrent-ils, affaiblirait la Chine, ce qui est essentiel pour maintenir la domination américaine dans le monde.

Par conséquent, parler de Taïwan comme État indépendant ne relève que de l’imagination. Une telle affirmation n’a aucun fondement. Pire encore, il s’agit d’une position défendue par les néo-conservateurs qui veulent utiliser la situation politique à Taïwan comme excuse pour intervenir et affaiblir la Chine. Elle est similaire au soutien des États-Unis à l’Ukraine dans le but d’affaiblir la Russie, ou « extending Russia », comme le dirait la Rand Corporation.

La National Endowment for Democracy, une organisation qui fait le même travail que la CIA, a essayé de convaincre les Taïwanais de favoriser l’indépendance, notamment dans des livres d’histoire révisionnistes utilisés dans les écoles, mais la population taïwanaise veut avant tout la paix, tout comme le peuple ukrainien voulait la paix lorsqu’il a voté pour Zelensky en 2019.

Sur toutes ces questions, ce n’est pas mon opinion qui compte. Les faits parlent d’eux-mêmes.