Russie et Chine, axe du mal?

Après l’axe du mal (Iran, Irak et Corée du Nord), puis le triangle de la tyrannie (Cuba, Nicaragua et Venezuela), voici maintenant un autre axe du mal (Russie et Chine). Oh mais il y a aussi tous ces pays qu’il a fallu envahir ou bombarder au Moyen-Orient ou en Afrique (Irak, Afghanistan, Libye, Syrie et Somalie). Et puis, nous n’avons pas eu le choix, il fallait imposer des sanctions à une quarantaine de pays et installer 800 bases militaires à travers le monde. Il fallait dépenser plus dans le complexe militaro industriel que les dix pays suivants réunis.

Pour instaurer la paix et la démocratie, il faut donc envoyer aussi des navires de guerre en mer de Chine, et fournir de l’équipement militaire à Taiwan, de même qu’installer de nouvelles bases militaires aux Philippines en plus de celles qui se trouvent déjà notamment à Guam et à Darwin, en Australie. La Chine est une menace pour la sécurité nationale des États-Unis. D’ailleurs la Chine, l’Iran et la Russie ont le culot d’installer leurs pays, juste à côté des bases militaires américaines !

C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre l’élargissement de l’OTAN, les bases militaires ceinturant la Russie, le retrait des traités sur les armes anti-missiles et les missiles à moyenne portée. C’est aussi dans ce contexte qu’il a fallu installer des boucliers anti-missiles en Pologne et en Roumanie qui peuvent en une nuit être transformés en armes offensives lancées en direction de Moscou et pouvant l’atteindre en quelques minutes.

C’est dans ce contexte aussi qu’il a fallu contribuer à un coup d’État en 2014, favoriser une guerre civile conduisant à 14 000 morts, puis l’interrompre en faisant croire à une plan de paix (Minsk), ce qui donnait du temps pour armer, former et fortifier l’armée ukrainienne. Il fallait engendrer l’escalade (recommandée par la Rand Corporation) et préparer l’envahissement du Donbass, refuser de négocier en décembre 2021 puis, une fois l’envahissement amorcé en février, interrompre la négociation de mars et avril. entre la Russie et l’Ukraine. Ensuite, il fallait fournir des équipements et de l’argent dépassant 110 milliards de dollars.

Mais détrompez-vous. C’est une agression russe non provoquée. Les Amércains ne se livrent pas à une guerre par procuration. Ils ne se battent pas contre les Russes «jusqu’au dernier ukrainien». Les USA n’ont pas non plus saboté Nordstream, contrairement à ce qu’a affirmé le grand journaliste Seymour Hersh dans un article très détaillé.

Ce n’est pas la situation catastrophique des finances américaines, la perte de prestige croissante du dollar, et la montée de la Chine et du BRICS qui expliquent les interventions américaines en Russie et en Chine. Le but des Américains n’est pas de les affaiblir tous les deux. Le but des États-Unis est d’instaurer la démocratie, l’État de droit et les droits et libertés de la personne. D’ailleurs, l’Occident n’est-il pas le centre du monde?

Mon propos ironique est-il partisan ici? Non. Il s’agit plutôt de se sortir de la propagande massive dans laquelle les dirigeants occidentaux et les médias de masse nous plongent. Il s’agit de regarder bien en face les faits. Les Américains ont 800 bases militaires dans le monde. Les Russes en ont 9 et la Chine 6. Les Américains ont un budget de 850 milliards de dollars / an investi dans leur complexe militaro industriel. Le budget des Russes est de 60 milliards / an. L’équipement russe ou chinois est installé à l’intérieur de leurs frontières. Celui des Américains se déploie partout dans le monde. Les Américains ont fait plus de 100 interventions militaires dans le monde depuis depuis 1991. Les interventions russes se comptent sur les doigts de la main. La Chine et la Russie n’encerclent pas les USA et ne favorisent pas des coups d’État au Mexique ou au Canada.

D’autre part, la dette américaine est de 30 000 milliards et leur déficit commercial est de 1000 milliards /an. Dans 30 ans le tiers des revenus sera consacré au service de la dette. Pire, le dollar US perd de son prestige. Alors les Américains cherchent à se sortir de cette difficulté en poursuivant une guerre économique par d’autres moyens. Il s’agit d’affaiblir la Russie et la Chine. Ce n’est pas une «théorie» du complot. Le «complot» est inscrit en toutes lettres dans le document de la Rand Corp. de 2019. La volonté de provoquer l’escalade y est inscrite en toutes lettres et les USA ont appliqué à la lettre ces directives. Tout indique que les accords de Minsk n’étaient que le moyen de sauver du temps pour préparer la guerre (aveu de Merkel et Hollande).Tout indique aussi que les USA sont responsables du sabotage de Nordstream (Seymour Hersh), mais ls médias n’en parlent pas. Tout indique que les Américains ont aussi tout fait pour saboter les négociations amorcées dès le début de la guerre (témoignage de Naftali Bennett). Tout indique que nous avons affaire à une guerre par procuration (près d’une dizaine de dirigeants américains l’ont admis), mais les médias n’en parlent pas.

Nous sommes en période de guerre. Une omerta règne dans les médias. Les journalistes et chroniqueurs mainstream parlent d’une seule voix et gardent le silence sur ce qui se passe vraiment. Nous carburons à la russophobie (le Russiagate dont on ne parle pas, l’interdiiction de RT et de Spoutnik) et à la sinophobie (Huawei, Tik Tok, les ballons). C’est la raison pour laquelle la dissidence qui démasque ces partisaneries et propagandes est perçue comme pro-russe et pro-chinoise.