Le déclin de l’empire américain

Pendant que les USA essaient de déstabiliser la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine pour contrer l’expansion économique de la Russie (via ses pipelines et gazoducs), ils essaient en même temps de déstabiliser le Myanmar, la Thaïlande et Taiwan pour contrer l’expansion économique de la Chine (via la Nouvelle Route de la Soie).
La volonté de puissance comme force négative et destructrice appliquée à l’échelle de la géopolitique, voilà ce qui habite Washington. Une élite mondialiste néo-libérale voit le rêve d’un monde unipolaire et d’une hégémonie planétaire lui glisser entre les doigts, alors que le BRICS constitue 40% de la population mondiale et que
son produit intérieur brut dépasse celui du G7. Les violences dispersées auxquelles on assiste sont le fait d’un pouvoir en perte de vitesse et en désespoir de cause.

On continue de faire de la Russie un pays maléfique dirigé par un despote criminel alors que les États-Unis se sont engagés dans plus d’une centaine d’interventions militaires depuis 1991.

On entretient le mythe d’un danger créé par la Russie et la Chine pour l’ordre international mondial alors que les États-Unis ont 800 bases militaires de par le monde et que la Russie n’en a que 9.

On continue d’accuser les autres de violence guerrière alors que les USA ont été en guerre presque toujours tout au long de leur histoire et que leur budget militaire atteint 750 milliards de dollars par année.
En comparaison, le budget annuel de la Russie est de 60 milliards de dollars par an.

On s’inquiète des propos d’un philosophe russe, Alexandre Douguine, alors qu’il n’a aucune influence en Russie, n’a jamais rencontré Poutine, et que ce dernier ne l’a jamais nommé avant le meurtre crapuleux de sa fille. Le parti qu’il a créé n’a obtenu qu’un maigre 0.5% aux élections russes. On a besoin d’un homme de paille pour maintenir en vie une vision simpliste et stéréotypée de l’invasion russe.

En plus d’exagérer l’influence de Douguine sur Poutine, ce recours est une tentative d’expliquer le conflit à partir de facteurs liés à la politique interne de la Russie. Or, le conflit s’explique d’abord et avant tout à partir de facteurs externes relevant de la géopolitique. L’exclusion de la géopolitique sert qu’on le veuille ou non un objectif bien précis: détourner le regard de l’éléphant dans la pièce, les États-Unis.