Les citoyens américains n’ont pas été informés et ne se sont pas sentis concernés par le Yémen, la Libye, la Syrie ou la Somalie. Ils ont seulement été informés au sujet de l’Afghanistan en amont, parce qu’il fallait pourchasser Oussama Ben laden, ou à la toute fin, lorsqu’il a été question du sort des femmes, après le départ des troupes américaines et le retour en force des Talibans. Les citoyens américains n’ont pas su ou vu qu’un million de citoyens irakiens avaient été tués suite aux deux guerres du golfe. Ils ont cru que leur pays s’était engagé dans la guerre en s’appuyant sur des évaluations erronées concernant l’existence d’armes de destruction massive et le rôle de Saddam Hussein dans les évènements du 11 septembre 2001. Ils n’ont jamais considéré la possibilité qu’il s’agissait purement et simplement des mensonges sciemment proférés pour induire la population en erreur.
Ils ont donc également été mal informés et peu concernés par la promesse jamais tenue et pourtant faite par James Baker à Gorbatchev de contenir l’OTAN à l’intérieur des limites de l’Allemagne réunifiée, par un OTAN encerclant progressivement la Russie, par l’ajout de 14 nouveaux pays membres, par l’intention affichées en 2008 à Bucarest d’inclure la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN, par la présence accrue de soldats, de bases militaires et d’armes de plus en plus rapprochées des frontières russes, par le retrait américain des différents traités portant sur les missiles nucléaire, par l’intrusion des Américains dans le changement de gouvernement en Ukraine en 2014, par l’existence d’une guerre interne à l’Ukraine ayant fait 14 000 morts dans la région du Donbass, par l’échec de la mise en œuvre des accords de Minsk de 2015, par le rôle important de l’extrême droite dans le changement de régime, les nominations politiques et une présence dans l’armée. Les citoyens américains ont aussi jamais vraiment été informés au sujet des nombreux avertissements russes refusant l’inclusion de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN.
Les gens vaquaient à leurs préoccupations sans se faire du souci. Mais lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie eut finalement lieu, soudainement tout le monde s’est senti « informé » et « concerné ». L’analyse était simple. On avait affaire à un Russe sanguinaire habitée par une volonté de puissance et de conquête territoriale. Il y avait d’autre part les victimes dont on montrait le visage à la télévision, dans les journaux ou sur les réseaux sociaux. La conclusion qui s’est imposée est que le « devoir moral » des USA était d’intervenir. Ces citoyens n’ont pas réalisé qu’ils étaient des marionnettes dans les mains de stratèges américains proxénètes. Les USA semblent prêts à sacrifier la vie d’Ukrainiens pour affaiblir la Russie.